Lundi 19 mai 2008

Gestion des eaux usées en Afrique

Une alternative écologique pour le traitement des éffluants

Le lombri-compostage, une alternative écologique et novatrice dans le traitement des eaux usées des stations d’épuration.

La lombri-station de Combaillaux, aux portes de Montpellier, est un modèle pour les villages isolés, respectueux des nouvelles normes environnementales.

Non seulement au niveau européen, mais également au niveau mondial, puisque une autre commune , sur l’aride côte du Chili en bordure du désert de l’Altacama, expérimente un lombrifiltre.

Son but : recycler les eaux usées au lieu d’en acheminer sur des dizaines de kilomètres.

Au Chili, comme à Combaillaux, ce sont les mêmes objectifs :

autonomie

économie

durabilité

Un procédé efficace, écologique et économiquement viable

La station d’épuration de Combaillaux ressemble à toutes les autres. Le principal changement est l’aspect du contenu de la cuve :

le lombrifiltre ressemble à une plate-bande autour d’un arbre de jardin public : des écorces de pin.

Dessous, un lit de sciure, tout au fond des graviers. Au dessus, un asperseur tournant envoie par intermittence la « nourriture » et l’humidité dont les vers ont besoin.

On ne voit pas les lombriciens, photophobes, qui font leur travail à l’intérieur du substrat organique, à moins de vingt centimètres de la surface.

Les vers utilisés sont les Eseina andrei (Bouché, 1972). Ils sont invisibles mais nombreux : 25 000 au mètre carré. Grâce à leur appétit féroce (ils mangent jusque leur poids par jour)

ils assurent le décolmatage du filtre, plaie des stations classiques qui oblige à manipuler de grandes quantités d’eau.

Efficaces, les vers dégradent intégralement les effluents, tout en produisant un excellent compost.

À la sortie du lombrifiltre, il n’y a pas de boues

• mais des crottes de vers, des tortillons de terre comme on en trouve dans les champs.

• de l’eau quasi-potable. Sans encombrant décanteur-digesteur en amont ni clarificateur en aval, le lombrifiltre épure l’eau en un quart d’heure. Une lagune de finition fait le reste.

La fiabilité repose sur la capacité des lombriciens à travailler nuit et jour sans relâche. Ils ne sont pas les seuls acteurs et leur système digestif ne fait pas tout le travail biologique.

Les kilomètres de galeries qu’ils creusent dans le substrat assurent l’oxygénation indispensable au second intervenant : les bactéries.

Le lombrifiltre, autant par sa technique que sa philosophie, est exemplaire. De 30 à 50% moins cher qu’une station classique à boues activées ou à lit bactérien.

Il fait apparaître un coût nettement concurrentiel grâce à l’absence :

• déshuilage-dégraissage (les matières grasses sont absorbées par les lombriciens)

• décanteur-digesteur anaérobie ou/et de bassin de traitements aérobie avant filtrage

• de décanteur ou clarificateur après le lombrifiltrage.

• La lombri-station constitue également un gain de place

• il suffit d’un mètre carré de cuve pour 10 habitants alors qu’un lagunage en demande dix fois plus.

Grâce aux vers de terre, le département de l’Hérault est un modèle d’écologie ! On peut même aller plus loin et dire que la France toute entière est à la pointe du progrès éco-technologique.

Les vers sont de très bons indicateurs de l’écotoxicité C’est ce que dit Patricio Soto, l’un des « pères » du projet de la lombri-station de Combaillaux, ingénieur de recherches à l’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique).

Les boues ont un risque de toxicité que les vers éliminent. Si on les nourrit avec des eaux contenant du mercure, du cuivre ou de l’arsenic, ils meurent.

Pour éviter que l’épuration des eaux du village ne s’arrête brutalement en cas de problème grave, une cuve alternative est construite.

Il est aussi possible de réinjecter de nouveaux vers à partir de l’élevage, implanté également à Combaillaux, sur le site de l’ancienne station d’épuration.

Cette technique révolutionnaire doit être adaptée en Afrique afin de limiter les pollutions, accroitre la sécurité sanitaire dans ces villes où les déluges d’eaux de pluie entretiennent les risques d’épidémies.

Information complémentaire sur le site /www.verslaterre.fr/

Voir en ligne : Vers la terre, le lombricompostage facile.