Mercredi 23 janvier 2008

Histoire de l’humus

Le système humique du sol et ses interactions sur la biologie et la régulation de la pédogénèse. La croissance des plantes repose sur la consommation de l’humus, cette prise de conscience de l’équilibre organique du sol engendre une réflexion visant à réadapter nos modes de fertilisations.

L’approche conceptuelle de la fertilité de Thaër comprend le système de relation plante-sol aussi bien que des méthodes de cultures et des rotations.

Il touchait ainsi à des préoccupations de l’agriculture moderne comme l’intensification des indicateurs de la qualité des sols, les analyses systématiques et l’exploitation agro-économique soutenue. Thaër prône l’utilisation de procédés organiques pour enrichir et nourrir le sol.

Un autre courant de pensé tel : Liébig (1840) a établi définitivement au moyen d’expériences scientifiques que la matière sèche des plantes était composée d’éléments minéraux.

  • le carbone provenant du CO²
  • l’oxygène de l’eau
  • l’azote
  • autres nutriments provenant des sels solubilisés dans le sol et l’eau.

Depuis la découverte de Liébig, la fertilisation minérale a connu un assentiment général et fourni une base moderne aux sciences de l’agriculture.

Liébig se fait le promoteur de l’utilisation de fertilisants minéraux pour compenser la dégradation minérale des sols. Son travail a permis d’établir les recommandations pour l’usage massif des fertilisants chimiques dans les systèmes de cultures.

Ces fertilisants faciles à utiliser (limitation de la main d’œuvre) coûtent cher et privent l’agriculteur de disposer de techniques simples, autonomes et durables.

Cette utilisation massive de fertilisants chimiques ou engrais qui sont élaborés chimiquement nécessitent une grande source d’énergie de produits pétrolier (1 tonne d’azote = 1,5 tonne d’équivalent pétrole).

L’utilisation de ces engrais génère d’importantes quantités de carbone rejetées dans l’atmosphère.

Dans la première moitié du XXe siècle, l’intensification de l’agriculture a surtout été le résultat des économies de main-d’œuvre, en particulier par le développement du machinisme.

Les effets étaient immédiats spectaculaires et irréversibles. L’intensification de l’érosion des sols a attiré l’attention sur les mauvaises pratiques agricoles.

Ce fut la première indication d’un recul causé par des pratiques agricoles intensives qui laissaient de vastes terrains dépourvus de la protection d’une couverture végétale.

Le coût de l’érosion fut qualifié d’important par Bennett (1939) dans le Dust Bowl du midlle-ouest américain et par Jacks et Whyte (1939) cité par Balfour en 1944.

Depuis lors, les liens entre le déclin de la fertilité des sols, la qualité de l’alimentation des hommes et leurs états de santé Merrill [1983] ont été de plus en plus mis en évidence.

Le disfonctionnement biologique et l’affaiblissement des sols cultivés sans apports d’amendements organiques ont été reconnus rapidement mais sans références précises à ce sujet, puisque l’écologie des sols n’en était qu’a ces débuts.

Depuis, de nombreux travaux sont venus corroborer cette approche et la notion d’agriculture biologique est née.

Depuis 1940 des signes évidents sont apparus concernant les déclins de la qualité du sol.

Des progrès scientifiques en écologie agricole, suscités par les approches de la philosophie holistique de l’agriculture biologique, amenèrent à comprendre l’humus comme une ressource plus ou moins renouvelable.

Les études économiques et environnementales de l’agriculture confèrent une place importante à l’humus dans les pratiques visant des rendements soutenus et une agriculture durable.

Au cours des dernières décennies, la théorie de Thaër a été partiellement réhabilitée. Il avait raison de dire que la croissance des plantes reposait sur la consommation de l’humus.

Son erreur fut de croire que l’humus était utilisé directement par les plantes (hypothèse hétérotrophe).

Les progrès dans l’écologie des sols montrèrent que l’humus avait un rôle essentiel par sa position cruciale dans les cycles biogéochimiques et le contrôle des métabolismes microbiens et un rôle de régulateur de la pédofaune.